Le Collet-de-Dèze
Commune des Cévennes lozériennes
Patrimoine communal

Histoire du Collet-de-Dèze

Village de passage, de pierre et de mémoire, Le Collet-de-Dèze porte l’empreinte des chemins anciens, des crues cévenoles, de la Réforme protestante et de la vie rurale des vallées.

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Entre vallée et montagne

Une histoire inscrite dans le paysage

Au creux des Cévennes lozériennes, Le Collet-de-Dèze s’est construit autour du Gardon d’Alès, des chemins de passage et de plusieurs noyaux d’habitat. Le village rassemble les mémoires du Collet, de Dèze, de Dourdon, de la Bastide et du Chambon-de-Dèze.

Son histoire est celle d’un territoire qui a dû composer avec la pente, l’eau, les routes, les croyances et les transformations économiques. Des voies anciennes aux ouvrages d’art, du temple protestant à l’église reconstruite sur la hauteur, chaque époque a laissé une trace dans le paysage.

Récit historique

Le Collet-de-Dèze au fil des siècles

Une promenade chronologique à travers les grands repères du patrimoine local.

Origines anciennes

Des chemins très anciens sur les hauteurs

Bien avant le village actuel, le territoire du Collet-de-Dèze était déjà parcouru. Sur les hauteurs, vers Coudoulous, une ancienne voie conserve des ornières profondes dans le schiste. Ces traces rappellent que les reliefs cévenols n’étaient pas des marges isolées, mais des espaces de circulation.

Dans un pays de pentes et de vallées, les chemins étaient essentiels. Ils reliaient les hameaux, les terres cultivées, les zones de pâture et les lieux d’échange.

Moyen Âge

Dèze, le château et les premiers noyaux d’habitat

Au Moyen Âge, le secteur de Dèze prend une importance particulière. Le hameau, qui a donné son nom au pays de Dèze, était dominé par un ancien château. Ses vestiges rappellent l’existence d’un site fortifié surveillant la vallée et les passages.

Autour de ces hauteurs et des cours d’eau, plusieurs noyaux d’habitat se développent. Le relief impose une organisation en hameaux : on s’installe là où l’eau, les terres cultivables, les chemins et la pierre permettent de vivre.

Les maisons anciennes, les ruelles étroites et les murs de pierre traduisent encore cette adaptation au relief cévenol.
Vie rurale ancienne

L’eau, les moulins et le travail quotidien

Dans les Cévennes, l’eau n’était pas seulement un décor : elle était une force de travail. Au Collet-de-Dèze, un canal passant sous le village, appelé localement le « trincat », alimentait plusieurs moulins à roues horizontales.

Ces moulins témoignent d’une économie rurale fondée sur les ressources proches : la rivière, la pierre, le bois, les terres en terrasse et les châtaigneraies. Le village vivait au rythme des saisons, des chemins et des travaux de la vallée.

Mémoire de l’eau

Les crues ont façonné le village

L’histoire du Collet-de-Dèze est indissociable du Gardon. Les gardonnades ont marqué les ponts, les quartiers bas et la mémoire locale. La rivière permettait de vivre, mais elle imposait aussi sa puissance.

Avant l’église actuelle, un premier lieu de culte catholique se trouvait plus bas, dans le secteur du Chambon-de-Dèze, à proximité de l’actuelle Oseraie. Cette ancienne église fut presque entièrement emportée par la crue de 1811.

Ce déplacement dans le paysage raconte une forme d’apprentissage du territoire : se rapprocher de l’eau pour vivre, mais chercher la hauteur pour durer.

1811L’ancienne église est presque entièrement détruite.
1861Une nouvelle gardonnade marque la vallée.
1899Une autre crue particulièrement destructrice.
1958Plusieurs ouvrages d’art sont emportés en aval.
1810–1815

Reconstruire sur la hauteur

La construction de l’église actuelle, dite église du Puech de la Sabaterie ou église Saint-Jean-l’Évangéliste, commence en juillet 1810 et s’achève en avril 1815, sous l’impulsion de l’abbé David Boussugue.

Son implantation sur une hauteur marque une rupture avec l’ancien site du Chambon-de-Dèze, exposé aux crues. Aujourd’hui encore, sa silhouette domine le village et constitue l’un de ses grands repères visuels.

XVIe–XVIIe siècles

La Réforme et le temple protestant

À partir du XVIe siècle, la Réforme s’implante fortement dans la vallée du Gardon et marque durablement la vie religieuse, familiale et culturelle du territoire.

La construction du temple du Collet-de-Dèze commence en 1646. Son architecture sobre, en quartz et en schiste, repose directement sur la roche. Son grand arceau de pierre et ses volumes simples témoignent de l’architecture protestante cévenole.

Classé au titre des monuments historiques, il est présenté par le Musée protestant comme le plus ancien temple de France.
1685–1710

Les Camisards et le temps du Désert

Après la Révocation de l’édit de Nantes en 1685, les protestants sont contraints à la clandestinité. Les cultes se tiennent dans des lieux cachés, au cœur de la montagne. C’est la période du Désert, faite de fidélité religieuse, de peur, de surveillance et de résistance.

En 1702, la guerre des Camisards éclate dans les Cévennes. Le Collet-de-Dèze se trouve au cœur de cette géographie de l’insurrection. Cette période a profondément marqué la mémoire cévenole et rappelle le prix payé pour défendre la liberté de conscience.

XIXe–XXe siècles

Routes, ponts et passerelles : relier la vallée

Dans un territoire traversé par le Gardon, le Dourdon et plusieurs autres cours d’eau, les ponts, les routes et les passerelles ont joué un rôle essentiel. Ils permettaient de relier les quartiers, les hameaux, les terres cultivées, les lieux de travail et les communes voisines.

Le pont Roupt rappelle l’ancienneté de ces franchissements. Plus tard, le pont de la route nationale, le pont du Céfédé — l’ancien chemin de fer départemental — et les passerelles ont accompagné le désenclavement progressif du village.

XIXe–XXe siècles

Les mines : une histoire discrète mais importante

L’histoire du Collet-de-Dèze est aussi marquée par l’exploitation du sous-sol. Autour de la Felgerette, des exploitations artisanales d’antimoine sont attestées dès 1811. Une concession concernant l’antimoine et le plomb sulfuré est accordée en 1822.

L’activité connaît plusieurs reprises avant son arrêt définitif en 1948. Cette mémoire locale rejoint l’histoire plus large des Cévennes minières et rappelle l’existence d’une activité technique et ouvrière au sein de la vallée.

Les vestiges de cette activité constituent une mémoire fragile du patrimoine industriel local.
XXe siècle

Du train à la voie verte

Au début du XXe siècle, l’arrivée du chemin de fer départemental marque une nouvelle étape. La ligne reliant Florac à Sainte-Cécile-d’Andorge transporte les personnes et les marchandises, tout en rapprochant le village des autres bourgs cévenols et du bassin alésien.

Les trains circulent sur cette ligne de 1909 à 1968. Son tracé reste aujourd’hui présent dans le paysage : la voie verte La Cévenole transforme une partie de cet ancien axe de transport en espace de promenade, de mémoire et de découverte.

Repères et sources documentaires

Cette présentation synthétique s’appuie notamment sur les ressources patrimoniales suivantes :

Mairie du Collet de Dèze

Tél : 04 66 45 50 14
Fax : 
04 66 45 41 10

Route nationale 106
48160 Le Collet-de-Dèze

Horaires d'ouverture

Lundi, mardi, jeudi et vendredi : 09h00 à 12h00 et 14h00 à 17h00
Mercredi : de 09h00 à 12h00

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